Jeudi 29 octobre 2009
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Alors que l'attention se focalise sur la situation de la jeune femme française "prisonnière" à l'ambassade de France en Iran et que le dossier du nucléaire continue d'inquiéter les esprits,
des milliers d'anonymes, dont les minorités religieuses en Iran sont victimes d'abus d'un pouvoir que rien ne retient plus, ce loin du regard des médias occidentaux. La persécution prend une
ampleur inconnue alors que les responsables estiment n'avoir plus rien à perdre.
Les personnes qui s'attendaient à une amélioration de la situation des minorités avec le gouvernement Ahmadinejad II et le nouveau chef du pouvoir judiciaire Sadegh Larijani, le frère du
président du majlis seront déçues. Les responsables de l' « Ordre », qui rêvent d'en finir avec les altérités spirituelles et culturelles qui feraient obstacle à l'avènement du Mahdi ont décidé
d’intensifier la persécution à l'encontre des minorités. Pour eux, il s'agit désormais d'utiliser la manière forte pour briser le christianisme.
Le pasteur Youcef Nadarkhani, responsable de la plus importante communauté chrétienne du Nord de l'Iran vient de faire les frais de cette nouvelle politique. S’étant rendu à une convocation
devant le tribunal révolutionnaire du Guilan, il a été arrêté, le 12 octobre dernier, pour avoir protesté contre la décision des autorités locales d'imposer la lecture du coran aux enfants
chrétiens, ce au mépris de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui stipule que « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants ».
Le fait pour des chrétiens de se prévaloir d’un droit reconnu en théorie par la Constitution constitue « un affront » pour les responsables de l'Ordre qui menacent quelques fois à la mode
communiste d'arracher les enfants à leurs parents chrétiens. « Non contents du fait qu'on vous tolère, vous avez poussé loin votre audace en refusant que vos enfants suivent des cours coraniques »
lui a signifié un magistrat lors de son arrestation. Depuis 8 jours le pasteur Youcef reste en détention, au mépris de ses droits constitutionnels.
Les chrétiens, orthodoxes, catholiques ou évangéliques sont des citoyens de seconde zone en République Islamique où ils sont déchus, de facto, de leurs droits civiques. Depuis deux ans le parlement
travaille sur une « loi sur l'apostasie » susceptible d'encadrer cette confiscation des « droits civiques » de chrétiens ayant au moins un parent musulman. En vertu de cette législation, qui fait
rêver les extrémistes, l'apostat est passible de la peine capitale. En effet, de nombreux spécialistes du droit islamiste estiment qu'en dépit de 30 ans de pouvoir de l'Ordre islamique, la
législation n'a pas été assez islamisée et continue de porter la marque des législations occidentales et française en l'occurrence. Ils appellent à des gestes plus radicaux, plus osés, d'aucuns
comme Masba Yazdi estimant même que la République est une hérésie et que l'on devrait aller plutôt vers un « pouvoir islamique ». Dans ce cadre là, les droits à la liberté de religion n'a aucune
place dans le pays aux yeux des théoriciens extrémistes qui estiment que l'Arabie Saoudite refusant le droit de cité à l'altérité religieuse ne s'en porte pas pour autant plus mal.
Ahmadinejad qui ne s'est jamais engagé à promouvoir l'égalité des citoyens s'est juré plusieurs fois de briser l'élan chrétien. Alors que l'heure semble pour le christianisme iranien assez
sombre, le message de Noël, « Jésus naquit sous le règne du tyran Hérode, en cette période là des mages en recherche vinrent de l'Orient ».Nous continuons à croire que comme il n'était pas au
pouvoir d'Hérode d'empêcher la naissance du Roi, de même les fils spirituels d'Hérode et du pharaon ne sauront empêcher le Maître de l'univers d'attirer à son salut par Jésus Christ encore des
personnes en recherche au pays des mages.