Vendredi 29 janvier 2010
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'Iran, c'est un fait qui n'est plus à démontrer, est un pays de dialogue
et d’ouverture promouvant la diversité culturelle dans le monde. Pour le prouver, l'ancien président Khatami, avait lancé, au cours de son premier mandat, l'idée d'un dialogue
intercivilisationnel pour contrer la prophétie huntingtonnienne du clash des civilisations. Dans le même ordre d'idées, l' « Ordre de la République Islamique d'Iran » qui s'est
toujours voulu à l'avant-garde d'un dialogue décomplexé entre « religions du livre » s'est fait l'hôte de dizaines de colloques interreligieux, cadre d'échanges entre théologiens
chrétiens et musulmans.
L'ouverture allant au-delà du contexte strictement religieux, l'Ordre est
souvent allé, dans la personne de Mesbah Yazdi, père spirituel d'Ahmadinejad, à la rencontre des philosophes occidentaux, invités à Téhéran et hébergés comme les théologiens chrétiens aux frais
de la princesse dans des hôtels de luxe du Nord de la capitale. Qui ne se souvient de la rencontre émerveillée d'un certain Michel Foucault avec la révolution islamique? De la conversion de Roger
Garaudy, accueilli en grandes pompes en Iran, terre de liberté et d'échanges par excellence?
Il y a Evin et Evin...
Les minorités religieuses iraniennes ne semblent connaître ni
l'émerveillement vécu par certains philosophes venu à la rencontre de l'altérité islamiste ni la chance d'être logés dans des hôtels de première classe. A côté de l'hôtel Evin où logent les
invités d'honneur de la République islamique, il y a un autre « hôtel » Evin, un peu plus où a été logé le pasteur Dibaj, forcément contre son gré, durant plusieurs années avant d'être
assassiné, « en liberté ».
Le dialogue interreligieux
Des membres du collège national des pasteurs de l'église d'Iran viennent
d'expérimenter encore une fois les fruits de cette politique de dialogue et d'ouverture prônée par Ahmadinejad. Contactés par les services de Renseignements de Chiraz, suite à une rafle policière
de noël dont ont été victimes les chrétiens de la province le 8 janvier dernier, deux membres du collège pastoral ont d'abord consulté les responsables des Renseignements à Téhéran pour savoir ce
qu'ils devaient faire. La réponse de Téhéran a été des plus rassurantes « ils veulent des explications à Chiraz, vous pouvez y aller tout se passera bien », a-t-on répondu au pasteur
Behrouz Khanjani. C'est que l'Église d'Iran, comme d'autres églises protestantes, se doit de donner des rapports aux autorités iraniennes. Cela désormais près de 20 jours que « les
négociations » se poursuivent dans les cellules sombres des services des Renseignements à Chiraz. Jusqu'à présent la seule information sur le contenu de ce échange interreligieux est qu'à la
suite d'un procès sommaire style « début de la révolution », les chrétiens ont été reconnus coupables d'apostasie au mépris de leurs droits. En vertu de la charia « l'apostat doit
être tué ». Le terme « ghatl » utilisé autorise des assassinats et des attentats.
« La constitution, vous pouvez
l’oublier ».
Le fait que cette sentence ne se base sur aucun texte juridique inquiète
d'autant plus que l'avocat, maître Sarbazi, n'a pas été autorisé à assister les prisonniers. Comme a tenu à le souligner l'avocat la notion d'apostasie n'existe pas dans le code pénal iranien et
les tentatives de l'introduire dans la réforme du code pénal n'a pas été couronné de succès. Le vingt-troisième principe de la Constitution iranienne est d'ailleurs explicite à ce sujet:
« le délit d’opinion est proscrit et nul ne peut faire l’objet de blâme et d’admonestation en raison de ses opinions ».
Dans les locaux des Renseignements, il n’est pas rare que l’on signifie à celui qui proteste qu’il ne saura se prévaloir de la constitution. « La constitution, vous pouvez l’oublier »,
a-t-on rétorqué, il y a quelques années à un prisonnier chrétien.
Les juges évoquent l'usage de fatwa par rapport aux personnes
renonçant à l’islam, mais là encore, on est loin de l'unanimité parmi les oulémas. Remis dans son contexte historique, le terme « irtidad » traduit par apostasie semble s'appliquer à
ceux qui réintégraient le polythéisme arabe. Le terme « irtidad » suggère d’ailleurs un retour en arrière. Cela s'inscrit dans un contexte de conflits militaire au sein du clan
qurayshite divisé, à l’époque, entre musulmans et non-musulmans. Pour les oulémas qui étudient froidement le texte et les traditions, sans se laisser guider par des instincts de conservation, il
ne peut être question d'irtidad quand le choix s'opère au sein « des religions du livre ». Les versets coraniques dirigés contre les Juifs et les chrétiens, aussi virulents soient-ils,
ne peuvent pris en compte dans la définition de l'apostasie.
"Point de contrainte religion"
Ce verset, dans sa traduction classique est souvent présenté en Occident
comme une des preuves de la tolérance islamique vis-à-vis des altérités religieuses. "On ne naît pas musulman on le devient après avoir opéré un choix dictée par la raison" se plait-on à ajouter
dans les milieux proches du régime. A l'aune de la persécution expérimentée par les chrétiens durant les 30 ans de règne l'ordre islamique, il semble, aux yeux de certains responsables, que cette
liberté se situe dans l'espace restreint entre l'islam passif de la majorité et l'islam éclairé des partisans du régime.
Un acte de virilité
Pour des nombreux analystes, les éléments extrémistes du pouvoir estiment
qu'à l'heure la tension politique monopolise l'attention des médias, la répression de quelques milliers de chrétiens passera forcément inaperçu. C'est pour eux le temps ou jamais d'avancer vers
une solution finale. Pour eux l'opinion chrétienne est trop divisée pour pouvoir permettre un dépassement des clivages doctrinaux susceptible de fédérer une action commune. D'autre part dans un
contexte de fragilisation du pouvoir suite à la grogne de la rue, en frappant les chrétiens, le pouvoir entend envoyer un message fort à l'opposition: « si nous réprimons des chrétiens
souvent apolitiques, nous ne manquerons de réprimer dans la plus grande toute tentative de réprimer le régime. » Pour la même raison qui fait ignorer la répression des chrétiens, il n'est
pas certain que le message voulu passe.
La communauté chrétienne attend une ferme condamnation de la violation de
ses droits d'exister. Voudra-t-on encore se taire comme on l'a fait pour des millions de Juifs? Nous espérons que l'expérience amère de la shoah, aura quelque peu réveillé les esprits. Y a-t-il
encore des Emile Zola pour s'élever contre la négation des droits des autres.
Liste des personnes arrêtées pour leur foi en Christ:
à Rasht
-
Youcef Nadarkhani (Rasht)
- Davoud Nejatsabet(Rasht)
à Chiraz
- Parviz Khaladj (SChiraz)
- Mehdi Furutan (Shiraz)
- Iman Farzad (Chiraz)
- Behrouz Sadegh-Khanjani (Teheran)
- Abdol Reza Ali Haghnejad (Bandar-Anzali)
Vous êtes invités à faire circuler massivement cet article sur le Net (sans cette note finale) ainsi qu’à écrire ou à téléphoner aux ambassades d’Iran de vos pays respectifs.Soyez corrects et
manifestez votre étonnement de ce que la liberté soit ôtée à des personnes pour des motifs de conscience alors que la Constitution iranienne leur garantit cette liberté. Vous pouvez également
écrire à la Grande Mosquée de Paris ou au instances comme l’UOIF, les grandes fédérations musulmanes de votre pays… Vous trouverez sans peine leurs adresses sur Internet.
Pour la France :
Ambassade d’Iran
M. Seyed Mehdi Miraboutalebi
4, avenue d’Iéna
75116 Paris
Tél : 01.40.69.79.00 – Fax : 01.40.70.01.57
Inscrire sur l’enveloppe :
Son Excellence, Monsieur Seyed Mehdi Miraboutalebi, Ambassadeur d’Iran en France
suivi de l’adresse indiquée ci-dessus.
Pour la Belgique :
Ambassade d’Iran
M. Ali Asghar Khaji
Avenue F. D. Roosevelt 15
1050 Bruxelles
Tél : +32(0)2 627 03 50 51 – Fax : +32 (0)2 762 55 49
Inscrire sur l’enveloppe :
Son Excellence, Monsieur Ali Asghar Khaji, Ambassadeur d’Iran en Belgique
suivi de l’adresse indiquée ci-dessus.
Pour le Canada (écrire en anglais) :
Ambassy of the Islamic Republic of Iran
245 Metcalfe St.
Ottawa, Ontario
K2P 2K2 Canada
Fax : +1 (613)-232-5712