Samedi 22 mai 2010
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La police politique islamique multiplie arrestations et perquisitions dans les maisons des chrétiens. Ainsi, deux
semaines après l'arrestation du pasteur Behnam Irani un responsable de l'église de Karaj répondant au nom d'Amin Khaki a été arrêté le 9 mai dernier par la police politique du régime. Il avait
auparavant plusieurs fois répondu à des convocations au cours desquels son engagement chrétien lui avait été
reproché.
Les agents de la Police Politique continuent également à exercer des pressions sur les familles et proches des croyants dans le but de pousser à
porter plainte contre les responsables. Beaucoup résistent, mais jusqu'à quand?
Cette nouvelle vague d'arrestations intervient alors que dans la province septentrionnal du Gilan, deux autres membres de l’Église d'Iran, à
savoir, le pasteur Youcef Nadarkhani et M. Amin Pishkar sont toujours en détention. Leur crime: avoir revendiqué leurs droits
constitutionnels. Le pasteur Youcef Nadarkhani avait été arrêté pour avoir refusé que ses enfants reçoivent un enseignement islamique.
La vague antichrétienne en Iran va au-delà de "l'Eglise
d'Iran". On rapporte de plus en plus de cas d'arrestations dans d'autres mouvements . Dans bien des cas, les victimes se retrouvent abandonnées par ceux là même qui sont supposés les soutenir, elles finiront par se
taire par peur d'aggraver leur situation. Suivant l'appréciation des interrogateurs de la Gestapo iranienne, les personnes arrêtées
refusant d’abjurer leur foi chrétienne, sont soit« redirigés » vers la Turquie, soit vers une « église » qui collabore avec le pouvoir. L'idée serait de mettre fin "aux désordres" occasionnés par les églises de maisons.
Un vide juridique
On pourrait s'attendre à ce que ces arrestations se basent sur une quelconque législation. Mais en fait, la Constitution de la « République » islamique reconnaît aux minorités le droit d'exister. En vertu du vingt-troisième principe
constitutionnel, au chapitre « des droits de la nation », le « délit d'opinion est proscrit ».
Pourtant à en juger par la situation actuelle, il s'avère que le chapitre des droits de la nation ait été simplement calqué d'une
Constitution occidentale, tant il apparaît loin des préoccupations de la Police Politique de l'Ordre. Les « droits de la nation » n'ont pas en tous cas droit de cité dans les tribunaux
révolutionnaires qui ne font qu'exécuter les ordres de la Police Politique du Nezam ("l'Ordre").
En vertu de la constitution secrète du Nezam, tout non musulman chiite est un ennemi.Etre chiite n'est pas pour autant un gage d'acceptabilité en
République Islamique, il y a, en fait, aux yeux des responsable du Système, de bons chiites et de mauvais chiites. Selon la logique mollahcrate, le vrai chiite est celui qui reconnaît
son «Vali Faghi » -en l'occurence le Guide Suprême de la Révolution- établi sur la nation par décret d'Allah. Or, il est
impossible pour un pour un chrétien chrétien d'accepter l'autorité religieuse et morale du Vali Faghi sans abandonner une grande partie de sa vie de foi . Il peut néanmoins être toléré en
acceptant un statut de dhimmi, ce qui revient à une sorte d'abjuration. Le dhimmi permet en effet à l'autorité islamique d'intervenir dans les affaires de l'Eglise, de jouer le rôle d'arbitre en
cas de conflit entre chrétiens.
Un pacte avec le diable...
Face à la violence dont sont victimes les chrétiens, on ne peut que s'étonner du silence de la communauté internationale. Plus étonnant encore,
le silence complice de certaines organisations qui prétendent défendre les droits des chrétiens. Interrogés sur les motifs de leur silence, ces spécialistes autoproclamés se mettent à jouer à
James Bond en alléguant l'impératif de "protéger leurs réseaux". Mais en fait, il est évident qu'ils se sont pris à rêver- avec les mollahs-de la destruction de mouvements chrétiens
ayant des doctrines « non conformes ». Ainsi l'Eglise d'Iran, (mouvement refusant la trinité ontologique tout en restant dans la logique nicéenne), a fait l'objet d'une censure de la part de ces spécialistes. Suivant les cas, elle a été présentée comme arienne ou sabellienne, sans le moindre souci de
cohérence, et ce, en dépit de l'adhésion de l'Église d'Iran aux principes les plus stricts du protestantisme. Pour faire peur il a été même question de mormonisme. Ce qui dit assez sur les compétences théologiques ou
l'honnêteté de ces spécialistes qui ne se souviennent que vaguement
de certaines données historiques acquises à l'école biblique...
Au delà de l'aspect doctrinal mis en avant, se cache surtout une « rivalité » entre églises de maisons et églises tolérées. Durant les dernières années, les églises tolérées ont dû se plier aux recommandations de la Police Politique:
elles constituent donc désormais une minorité affaiblie dans le paysage chrétien iranien. Mais le pouvoir sait récompenser quelques fois les dhimmis : Les membres des églises de maisons ont été promis en récompense aux responsables des
églises tolérées. En effet, une des options proposées indirectement aux prisonniers est de se mettre sous le
parapluie d'une « église tolérée » ou de certaines organisations chrétiennes se présentant comme opposées au système, mais collaborant en réalité avec le pouvoir. Ainsi a-t-on assisté à des « récupérations » de membres des églises de maisons par ces églises soumises au régime qui
constituent les fameux "réseaux à protéger". L'idée centrale restant d'arrêter la croissance « effrayante » de la foi chrétienne, ce, malheureusement, avec le soutien d'autres chrétiens qui acceptent la soumission au pouvoir religieux
iranien. Les mollahcrates se souviennent sans doute que ce sont des « chrétiens de nom
» qui ont ouvert à l'armée islamique les portes de Damas. Que ce sont des « chrétiens mondains » qui ont affaibli Byzance
provoquant sa chute inexorable. C'est un pari que le régime aurait pu réussir, s'il n'avait pas en face de
lui, cette fois-ci le Grand Stratège...
Malheureusement en dépit de leur silence par rapport aux violences subies par les chrétiens iraniens, des « spécialistes » viennent régulièrement dans vos églises pour vous appeler à
soutenir les persécutés.
Et si tout cela était en train de devenir un business, un
evangelical business?